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HISTOIRE - -------------------------- : témoignage d'Odile Féral

 Odile à l'école

Dans les années 40, aller à l'école depuis une ferme isolée, pour un enfant, était une petite aventure quotidienne. Pas de ramassage, le « pédibus cum jambis » était de rigueur. Qui d'ailleurs aurait osé s'en plaindre?
 
Odile raconte :
 
« Il fallait se lever tôt pour être au catéchisme à 7 h (heure ancienne), puis à l'école à 8 h.
Je partais à 6h ½ et je mettais en fait une demi-heure pour arriver à Barriac par le chemin des «Vinchèzes ».
L'hiver il fallait me secouer pour me sortir du lit, tout le monde me bousculait : «  Dépêche-toi ! »
Si l'hiver était trop rude on me mettait en pension chez les sœurs.
 
                     On partait à l'école en galoches en bois, et on avait une grande cape pour s'abriter de la pluie. Mais la cape, elle pompait la pluie ! Heureusement que l'institutrice, Mme Rigal, nous les faisait sécher autour du poêle pour qu'elles soient prêtes pour le soir !
                     On avait, nous les filles, quelques cours de cuisine dans le livre de sciences, on apprenait ainsi la recette du poulet sauté ! On apprenait aussi quelques notions de soins médicaux, on apprenait à poser les ventouses. On s'exerçait chacune sur la cuisse ! Il fallait mettre un coton allumé à l'intérieur de la ventouse et la retourner prestement sur la peau de la cuisse !
                     Il fallait en mettre dans le dos du patient pour soigner les congestions, si ça faisait effet les ventouses devenaient rouges, et si ça noircissait c'était plus que temps de les enlever !
 
                      Aux récréations on jouait à la ronde, au carré, à la marelle, à la corde à sauter. En  classe il y avait des punitions pour ceux qui ne travaillaient pas bien : quand on faisait des fautes d'orthographe il fallait copier les mots dix fois, vingt fois ! La maîtresse disait : «  A la vingtième fois, vous le saurez ! »
 
A midi je mangeais à la cantine. C'était la vieille sœur qui préparait le repas, on était nombreux, pas loin d'une trentaine ! Tous ceux qui étaient de loin.
On mangeait à 1h (13h). L'hiver les sœurs nous donnaient des  fritons que les gens leur portaient, soit du pâté, mais pas souvent, le vendredi pas de viande....ni de poisson.
L'automne elles faisaient des courgettes farcies et autour une pomme de terre, une tomate et elles nous faisaient écraser tout ça .Moi ça me surprenait pas, j'adorais ça !
 

Je dormais chez les sœurs, dans une chambre en haut au couvent. Alors là, gla-gla !
Quand on rentrait au couvent, à droite il y avait une salle où elles mettaient tous les petits de la garderie, pour les petits les sœurs disposaient deux bancs, l'un faisant office de table, puis il y avait l'escalier qui montait aux chambres.
A gauche il y avait la cuisine qui faisait aussi salle à manger avec une grande table ; derrière il y avait l'évier avec la citerne. Des fois l'eau était gelée pour se laver ! Le matin il fallait se laver avec l'eau de la bouillote encore tiède, c'était dur mais c'était comme ça ! »
 
Le mercredi soir je revenais à Sévignac et quand il faisait trop mauvais je repartais le jeudi soir        (époque du jeudi libre), pareil le samedi soir, et le dimanche il fallait retourner à la messe ! »
 
Quand je revenais à la maison, il fallait faire les devoirs, étudier les leçons. Il y en avait beaucoup !
Il n'y avait pas encore l'électricité dans la commune, il fallait s'éclairer à la lampe à pétrole.
                     On avait plusieurs problèmes de calcul, des leçons, des récitations à apprendre.
En classe c'est la géographie que j'aimais le plus, on n'avait que des grandes cartes pour ça, pour étudier les pays. A l'époque pas de diapos, pas de films !
                      Il y avait aussi le brevet sportif : de la gymnastique, des mouvements à apprendre, monter à la corde. Pour monter à la corde on allait dans une ferme voisine où il y avait une corde attachée à un chevron. J'ai été deuxième au brevet sportif, le premier c'était un garçon. J'ai été également deuxième du canton au certificat détudes, la première étant mon amie Madou Albouy (aujoud'hui madame Fages).
 
                    Quand l'inspecteur venait à l'école, on avait la trouille ! Il parlait avec la maîtresse, la maîtresse nous disait avant qu'il arrive : « Soyez sages que sinon, l'inspecteur..... ! » Alors ce jour-là, on entendait les mouches voler !
 

                    On apprenait aussi les points de couture avec Mme Rigal. On avait un carré de tissu qu'il fallait prendre de la maison, une aiguille et du fil. On nous apprenait le point de côté, le point avant, le point arrière, etc.
 
                    Pour terminer, une petite « combine » de l'instituteur qui rendait bien service : il s'agit de l'accord du fameux participe passé ! Qui  donnait bien des soucis aux potaches.
Par exemple, comment orthographier le participe dans la phrase : « La chienne s'est levée » ?
soit « levée », ou « levé », ou au pire « lever » !

 
                    Il suffit de dire la phrase le plus naturellement du monde en patois : «  la canha s'es levada », le « ada » (prononcer ado avec accent grave sur le o) impliquant « ée », alors que la terminaison « a » implique le « é » seul.
                     Et le tour est joué ! Petite revanche du patois sur le français !

 
 
Propos recueillis par Alain Féral.
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Barriac 12340 Bozouls
Association de sauvegarde du patrimoine de Barriac - Bozouls - Aveyron - Midi-Pyrénées
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