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PATRIMOINE BÂTI - Les châteaux
Le château des Roquefeuil :
 
 
Une famille illustre aux racines millénaires, l’homme le plus riche du monde, un crâne humain, un château brutalement disparu… Qui pourrait s’attendre à trouver tout cela à Masmajou à trois cents mètres de Barriac, sur la commune de Bozouls ?
Le château des Roquefeuil était bien là au centre des maisons de Masmajou comme l’atteste une carte postale des années 1900, unique document existant, conservé pieusement par quelques habitants.
Seules quelques pierres et une partie souterraine subsistent. Cependant, on peut encore identifier, en bord de route, ce que fut le colombier du château. Transformé en refuge pour le bétail, puis en logis d’habitation, il conserve un rez-de-chaussée voûté. Que s’est-il passé ?
 
Dans la deuxième moitié du XVI ème siècle, Antoine de Goudal, sieur de La Coste, capitaine de Barriac, demeure à Masmajou. Sa petite fille Françoise, en épousant en 1637 le noble Jacques de Roquefeuil, sieur d’Arcisse, va faire entrer Masmajou dans les biens de la célèbre famille. Le couple s’établit au village.
Le château datait-il du XVI ème, du XVII ème siècle ou d’avant ? Méconnu de l’histoire locale , il gardera tout son mystère car ses archives ont disparu avec lui.
On sait cependant que le domaine de Masmajou est resté dans la famille de Roquefeuil jusqu’à la Révolution. A cette époque difficile, Batiste de Roquefeuil, capitaine de cavalerie, voit un de ses fils émigrer et disparaître sans laisser de trace.  Au décès de son pèr, en 1807, le partage successoral en sera plus compliqué.
Les terres de Masmajou vont être dispersées. C’est la fin des Roquefeuil de Masmajou et bientôt de leur château.
Pendant encore un siècle, il va rester debout mais, en 1924, on lui trouve un brutal destin… celui d’une carrière de pierres ! Cheminées et belles pierres vont embellir les maisons de Barriac et de la région.
 
            Texte de Gérard ASTORG « Châteaux et personnages du Causse Comtal »

 

 
 
 

 
 


  
Le château de Crespiac :
 
S’il fallait choisir une exploitation agricole et sa maison de maître pour illustrer le domaine type du Causse Comtal, pourquoi pas Crespiac ?
Comme bien des domaines, Crespiac dépendait d’un monastère (Bonneval au XIII ème et XIV ème siècles). Sa production fut d’abord céréalière avant de se tourner vers les bovins et l’Aubrac. Au fil des ans, il y eut partages, ventes de parcelles, fermages… comme ailleurs.
La présence de notables-propriétaires ruthénois qui aménageaient une habitation et louaient les terres est une autre constante.
Au début du XX ème siècle , une famille de fermiers, les Rieucau, comme beaucoup d’autres, accède à la propriété. Le chanoine Rieucau, élu conseiller général en 1945, et le Docteur Rieucau , médecin, en sont deux représentants bien connus.
 
La maison de maître elle-même est typique du Causse Comtal. Une tourelle carrée à toit pavillonnaire en accolade abrite le traditionnel pigeonnier et domine l’ensemble de la bâtisse rectangulaire.
L’origine de la bâtisse remonte pour l’essentiel aux années 1780.
Sa construction est due à Jean-Joseph Trédolat-de-Maymac, conseiller en la Sénéchaussée, juge présidial à Rodez, recensé en 1811 parmi les plus imposés du département.
Elle s’appuie sur une bâtisse plus ancienne à usage d’habitation pour le fermier.
 
Le portail d’entrée date de 1810. Ce type de porche couvert d’un toit à auvent se rencontre fréquemment en Rouergue et en… Ile-de-France.
Très répandus au XVII ème siècle, ces porches comportent à la base de chaque pilier, une borne qui servait à absorber le choc des charrois. Parfois fortifiés, ils pouvaient supporter une bretèche ou des boules à feu.
Ces porches ont été trop souvent sacrifiés. Il est plus facile d’élargir le passage pour les camions du ramassage laitier que de porter de lourds bidons tous les jours !
 
            Texte de Gérard ASTORG « Châteaux et personnages du Causse Comtal »

 

 
 


Le château de Paumes :
 
En ce 30 Août 1969, le journal Centre-Presse titre sur un évènement : « le centre aéré de Barriac a 10 ans ».
Il est prévu une grande fête, avec magiciens, repas plantureux et surtout un spectacle donné par les jeunes pensionnaires dans le parc du château de Paumes.
La reconstitution, en costumes d’époque, du mariage de Mademoiselle Boyer avec Jean-Louis Affre, est au programme.
Une union qui va donner naissance à Denis Affre, le futur archevêque de Paris, tué sur les barricades lors de la Révolution de 1848.
 
PARADOXE
 
Depuis 1962, le domaine de Paumes, accolé à la route qui conduit à Barriac, servait de centre aéré pour les Œuvres Laïques  du département de l’Aveyron. Auparavant, en 1947, une colonie de vacances des P.T.T. s’y était installée.
Il peut paraître paradoxal qu’une fête en ce lieu très laïcisée, s’appuie sur le thème d’un héros épiscopal ! Mais la mort glorieuse de Monseigneur Affre, né à Saint-Rome-de-Tarn, est encore vive dans la mémoire de tous les Aveyronnais  laïcs ou catholiques.
 
AFFRE, BOYER, FRAYSSINOUS : L’EMPREINTE RELIGIEUSE
 
En réalité, le domaine de Paumes a connu des ecclésiastiques aveyronnais de premiers plans.
 Denis Affre y côtoyait son oncle, l’abbé Boyer, né à la « grange » de Lioujas, professeur et théologien très célèbre en son temps.
Quelques années auparavant, l’abbé Boyer avait bien souvent parcouru les allées du parc avec son ami, cousin et voisin de la Vayssière, le futur Monseigneur Frayssinous. Lors de la tourmente révolutionnaire, celui-ci était venu se réfugier tout à coté au domaine de Seveyrac.
Depuis longtemps les cousins Boyer et Frayssinous étaient inséparables. Ainsi ils furent nommés tous deux vicaires du brave curé de Curières qui les considérait un peu rapidement comme « deux imbéciles, qui à eux deux ne sauraient pas faire un baptême »!
A l’époque de la Terreur, leur foi ne chancela pas. Un jour, pour se préparer au pire, ils décidèrent d’aller voir la guillotine de Rodez. L’abbé Boyer fut si ému qu’il attira l’attention et fut reconnu. Emprisonné, il réussit à s’évader grâce à un ami déguisé… en bourreau!      
 
LE DOMAINE
 
Vers le milieu du XVI ème siècle, une famille Boyer était déjà établie sur le domaine de Paumes. En 1811, Antoine Boyer faisait partie de la fameuse liste des six cents plus imposés du département.
C’est vers cette époque que les bâtiments furent transformés. Ils le seront encore plus tard pour satisfaire aux exigences des groupes de jeunes. Aujourd’hui, habitation particulière, la bâtisse garde le souvenir des grands ecclésiastiques pour certains, et des images de colonies de vacances, pour d’autres.
 
                        Texte de Gérard ASTORG « Châteaux et personnages du Causse Comtal » 

 


 
  Le manoir de Lédénac :
 
 
Le domaine de Lédénac appartenait à l’origine à la famille Azémar et ce, depuis le début du XVIII ème siècle, période de sa construction.
En 1849 Henri Rivière, propriétaire de Paumes acheta Lédénac.
Le 10 Mai 1927 Henri de Lanzac de Montlogis acquit l’ensemble du domaine à son cousin avec le bénéfice de la vente du château du Bousquet près de Laguiole.
La famille de Lanzac de Montlogis témoigne de huit cents ans d'histoire jalonnée de faits dignes d'intérêts dont la participation de l’un de ses ancêtres Jean de Chaunac  à la troisième croisade de 1189 à 1192,  le duel victorieux du seigneur de Montlogis en 1782, l’incendie du château de Montlogis en 1792 et l’arrivée au château du Bousquet en 1903 à la suite des Montpeyroux et Roquefeuil.
Huit cents ans d’histoire jalonnée également de riches alliances avec « de nobles familles du Rouergue, Gévaudan, Quercy, Auvergne et Languedoc ».  
Source : " Les seigneurs du Bousquet et leurs alliances" de Francis Falguières.  


 
  
 
 



La "grange" de Séveyrac :
 

NOURRIR LES AMES ET LES CORPS
 
Sœur jumelle de la tour-grenier de La Vayssière et fille de l’abbaye de Bonneval, la tour fortifiée de Séveyrac présente toutes les caractéristiques des tours de ces grands domaines ecclésiastiques que l’on appelait « granges ».
Ces terres ont été données en 1165 par Hugues, comte de Rodez, à l’abbaye de Bonneval.
Les moines vont mettre le domaine en valeur, l’exploiter, bâtir la tour grenier au XVème  siècle, puis prendre des fermiers du XVIIème siècle jusqu'à la Révolution.
Le grand four à pain, la porcherie, la bergerie, l’étable et une immense grange sont regroupés autour de la tour.
Le domaine de Séveyrac a également conservé l’aire de battage, le jardin des moines et une fontaine aménagée avec un vivier. C’est un petit village à lui tout seul !

 
STOCKER ET DEFENDRE
 
La tour fortifiée, à la fois grenier et donjon, occupe le point central avec pour mission de stocker et de protéger les récoltes.
Comme à La Vayssière, on retrouve quatre échauguettes dont il ne reste que le culot. L’accès par le double et monumental escalier n’existait pas du temps des moines. L’entrée se faisait du coté opposé, vraisemblablement par un étroit pont-levis.
Lorsque la Révolution survient avec la vente des biens ecclésiastiques, l’adjudicataire s’appelle Jean-Baptiste Frayssinous. Son jeune neveu, le futur Mgr. Frayssinous, viendra souvent de La  Vayssière pour le voir. Pas étonnant qu’aujourd’hui encore, le même portrait de Monseigneur Frayssinous trône à la fois à Séveyrac et à La Vayssière !

 
L’AUBRAC
 
A la fin du XIXème siècle, Séveyrac va passer par mariage à un vicomte et un poète fin lettré au patronyme célèbre : Bernard d’Armagnac.
Le domaine situé sur « la grange draye » qui conduit depuis toujours les troupeaux vers l’Aubrac, ne pouvait que l’inspirer. On l’imagine en haut de la tour de quatre étages, les yeux tournés vers la montagne, écrire son plus célèbre poème sur « la montée des vaches » ou il chante Séveyrac.
N’est-il pas naturel que la volumineuse étude du CNRS publiée en 1971 sur l’Aubrac et sa belle race bovine s’appuie sur le domaine de Séveyrac ?
 

 
MOINES ET MOINILLONS
 
Au Moyen Age, chacune des « granges » de l’abbaye cistercienne de Bonneval (Séveyrac, Galinières, La Vayssière, Masse…) constituait un centre d’exploitation et un monastère en miniature.
La mission de la grange de Séveyrac était précise : assurer la « pitance » (nourriture) des quatre cent cinquante moines, convers ou domestiques de la maison mère, mais aussi faire des « distributions » aux pauvres et aux pèlerins de passage.
A la tête de la grange, le « maître grangier » se chargeait de l’intendance avec un privilège qui valait de l’or : il avait droit à la parole ! Après lui venait « le frère hôtelier » qui ne pouvait parler qu’aux gens qui demandaient l’hospitalité.
Les moines affectés aux services de la grange, non seulement ne pouvaient échanger le moindre mot, mais ils étaient placés sous une surveillance mutuelle. Les frères vachers, porchers et autres, travaillaient chacun avec un moinillon qui ne les quittait jamais. La confiance n’excluait pas le contrôle !
Ce n’est qu’à la chapelle - toujours présente dans la tour - qu’ils pouvaient chanter. Et ils ne devaient pas s’en priver !
 
                        Texte de Gérard ASTORG « Châteaux et personnages du Causse Comtal » 

 
     
     

      



                                 
     
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Barriac 12340 Bozouls
Association de sauvegarde du patrimoine de Barriac - Bozouls - Aveyron - Midi-Pyrénées
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