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HISTOIRE - D'après les souvenirs de Paul Feral
La conscription dans les années 20
 
                        La conscription était un moment important pour un jeune de la ruralité, à une époque où le service militaire était long et pouvait l’éloigner de la ferme familiale, à la découverte d’un autre monde, souvent inconnu, inquiétant même. Prendre le train pour la première fois, affronter la grande ville et couper définitivement en quelque sorte le cordon ombilical avec sa jeunesse, et cela dans le souvenir récent de la « Grande Guerre » encore présente dans les esprits. Ce moment se préparait plusieurs semaines à l’avance.
                          Le groupe de conscrits passait dans toutes les fermes de la commune pour se faire donner des œufs, pour confectionner de belles fouaces . Lesquelles fouaces étaient vendues en portions lors de la fête du village . Les fonds ainsi collectés permettaient aux conscrits de se payer un bon « gueuleton ».
 
Photo : les conscrits de la classe 1927 de la commune de Bozouls . Les visages sont faussement décontractés, la jovialité le dispute à la gravité et à la conscience confuse d’une étape à franchir dans la vie. Rubans et cocardes traditionnels sont les prémices d’un uniforme militaire sûrement plus contraignant !...et ont permis au camelot local de réaliser une bonne affaire.
 
1er rang, au centre, l’accordéoniste-diatonicien-classard Laury de Barriac, qui officiera longtemps dans les bals et mariages.
 

 




Les bals sur le causse autrefois….
  
                          Dans les années 30 seuls certains évènements étaient prétexte à danser, à une époque où le travail de la terre passait avant toute gaudriole et où les congés et vacances étaient des notions totalement absentes du calendrier.
 
                          Les polkas, les valses, les bourrées, la polka piquée avaient la faveur des gens du causse. La java était très demandée, la java traditionnelle bien sûr, qui se dansait selon un pas particulier ( rien à voir avec la java musette, mais un air de famille avec la mazurka ).
                          Le charleston était également en vogue, et une nouveauté faisait un « tabac », la scottish-valse !
 
                          Providence des noces le « musicaïre » accordéoniste subissait parfois les foudres du curé local, ( qui n’hésitait pas à qualifier de « boîte du diable » l’innocent instrument à soufflet ), soucieux de préserver les blanches brebis de son troupeau paroissial.
 
                          Ainsi l’homme d’église, qui ne voyait pas d’un bon œil le rapprochement des filles et des « gars » à cette occasion, n’y allait pas par quatre chemins pour mettre en garde les demoiselles à l’heure du sermon dominical, et au moins trois à quatre semaines à l’avance ! 

 

Les musiciens
 
                       Dans les années 30 le statut d’intermittent n’existait pas ! Le musicien était parfois un domestique de ferme. A l’époque, le dicton « un bon domestique se présente avec un fusil, un accordéon et une bicyclette » permettait à celui qui était doté de ces trois atouts d’être embauché à coup sûr !
                       Au village, certains bistros avaient un musicaïre le dimanche et les danseurs étaient essentiellement des hommes, amateurs de bon vin et de bourrées.
                       Dans un garage ou une grange, bien balayés pour la circonstance, pouvait avoir lieu un vrai bal, les jeunes filles y venant accompagnées inévitablement de leur mère ( qui chaperonnait qui ?)
                       Parmi les musiciens diatoniciens locaux il y avait Laury ( de Barriac), Archambaud, ( de Muret le Château, « Qu’un uèlh », ainsi surnommé car il était borgne ), puis arrivèrent en force à la fin des années 40 les chromaticiens : Edouard Gral, ( de Servières ),
Feneyrou, ( de St Côme ), accompagné à la cabrette par son fils, Barry, (cordonnier à Bezonnes)
qui jouait simultanément de la grosse caisse au pied, Pélissou, ( d’Estaing ), Cussac, (de Pruines) unijambiste à la suite d’un accident de moto.
 
                      Ces musiciens n’avaient pas de contrat et jouaient « à l’assiette » ! « Passez la monnaie ! » était le jovial leitmotiv lancé à la fin de chaque danse. Tant que l’assiette n’était pas pleine de belles espèces sonnantes et trébuchantes, le musicien ne reprenait pas, et ceux qui renâclaient à « cracher au bassinet » devaient finir par se plier à la règle au risque d’être mal vus.
                      Un musicien coté, talentueux et qui savait convaincre pouvait gagner en une soirée l’équivalent du salaire annuel d’un domestique, aux environs de 18 000 Frs ! 

 
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Barriac 12340 Bozouls
Association de sauvegarde du patrimoine de Barriac - Bozouls - Aveyron - Midi-Pyrénées
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