Patrimoine

Patrimoine bâti

Les moulins

Les moulins à eau

La culture des céréales, le blé, le seigle, l’avoine, qui servaient à l’alimentation des hommes et du bétail, tenait une place importante dans l’économie rurale.

Très tôt, les hommes ont utilisé l’énergie hydraulique, fournie par le mouvement des eaux, pour moudre les grains de leurs récoltes. C’est ainsi que sur notre territoire nous recensons trois moulins, le moulin de la Planhe sur le ruisseau de Séveyrac, le moulin de Tarayre sur le Gibrou à Carcamagne et le moulin del Soult sur le ruisseau des Douzes en face les Escabrins.

 

Les moulins à huile

Cultivé pour ses fruits et son bois, le noyer occupait une place importante dans la vie de nos anciens. Son bois était utilisé pour la fabrication de meubles. Ses fruits servaient à l’alimentation directe et à la fabrication d’une huile riche en vitamines.

C’est pourquoi on trouvait au début du XXème siècle deux moulins à huile sur la paroisse de Barriac ; les gens du village y apportaient leurs noix pour en extraire l’huile. L’un de ces moulins se trouvait dans l’impasse du moulin d’Astier d’où le nom qui a été donné à cette ruelle et l’autre à la Basse-Marche (La Vignerie) dans la maison Dalous démolie en 1959 et dont une partie des pierres récupérées a servi à la construction de la grange de la famille Besombes, aujourd’hui dernière maison du village en direction de Carcuac. Ce dernier était un moulin traditionnel doté d’une meule en pierre qui broyait les cerneaux, actionnée par un âne d’après les derniers témoignages, un four qui les chauffait et enfin une presse pour extraire l’huile de noix qui servait aussi pour l’éclairage.

Souvenirs de Paul FERAL, (né en 1915 à Sévignac)

Blotti entre Les Escabrins et le Dourdou le moulin du Saout révèle au randonneur un site, une cascade et des vestiges à l’abri des regards, hors du temps. La « légende » du meunier qui y vécut plane encore sur les ruines difficiles d’accès. Un personnage hors du commun à l’image de l’endroit.
Voici quelques anecdotes authentiques qui ont sans doute forgé une réputation qui s’était un peu diluée avec les ans.

 

Notre homme était né à St Julien de Rodelle ou son père était forgeron. Jusqu’à l’age de 25 ans il travailla avec lui, puis il hérita d’une maison située au « Saout », et l’idée lui vint d’y construire un moulin, la configuration des lieux s’y prêtant fort bien.

Il agrandit la maison et fabriqua lui-même une roue à aubes, (un « roudet »), dans une souche de noyer qui ne pourrissait pas, après toutefois quelques essais et mises au point nécessaires, et la testa en libérant l’eau de la « peyssièro » aménagée en amont.

« …… quand il a exploité le moulin, il s’est équipé d’une mule. Il fallait qu’il aille chercher le blé à Maymac, à Sévignac, aux Escabrins ! Comme il chargeait la mule il se chargeait lui, 60 à 80 KG sur le dos. Il fallait qu’il aille aussi ramener la farine. C’était un dur au travail, il allait pas vite mais il était fort comme un bœuf !….. ».

 

Jusqu’à un âge avançé notre meunier restait capable de surprendre par sa force physique.
Pendant l’été 1943, il avait alors 83 ans, il venait aider à dépiquer à Sévignac. La chauffeuse marchait au charbon. Un jour, vers midi, le mécanicien constata qu’il n’y aurait pas assez de combustible pour terminer la journée, il manquerait un sac, environ 70 kg.

On pouvait sans doute en acheter à Barriac. Il s’adressa donc à notre homme :
– Monte me a Barriac veire se i a de carbou. Se n’i a, anarem ne querre. (Va à Barriac voir s’il y a du charbon, et s’ils en ont, on ira en chercher.)

* Arrivé à Barriac l’alerte octogénaire ne se contente pas d’obtenir le renseignement :
– valia me un sac, lo vau prene ! (Donnez-moi un sac, je vais le prendre !).

On lui mit ainsi sur le dos entre 70 et 80 kg de charbon en briquettes. Vers les « quatre heures », le temps d’aller àà Barriac et de revenir à faible allure, « on te le voit arriver à Sévignac par les combas. »

Veja lo que torna ! me sai que lo porta lo sac sus l’esquina ! (Voyez-le qui revient ! mais c’est qu’il porte le sac sur l’épaule !)
On lui dit :
– Nom de Duis ! lo calha pas portar ! Lo seriam anar cerca amb l’éga !
(Nom de Dieu! Il fallait pas le porter ! On serait allés le chercher avec la jument !)
– O ! tan que ièri ! (Oh ! tant que j’y étais !)
– E avètz pausat quand mèma, en rota ? (et vous avez fait la pause quand même en route ?)
– Un cop ! Per cambiar d’espatla ! Que me cachava ! (Une fois ! Pour changer d’épaule ! Que ça me comprimait !)

* (à noter que cela représentait un trajet aller-retour de 7 à 8 km)

Le veuvage du meunier, en 1925, sonnait le glas de l’activité du moulin.
Notre meunier mourut à l’âge de 86 ans, et le moulin tomba en abandon. La toiyure, les poutres, les meules furent dispersées au grè des acheteurs.

On évoque encore sans doute, à la veillée, avec les « anciens », dans quelques chaumières du causse de Barriac et de la vallée du Dourdou, le meunier du « Saout » qui détenait peut-être, à sa façon, le secret de jouvence…